Pourquoi une date et pas un nombre de jours
Quand vous tapez « simulation chômage rupture conventionnelle », vous ne cherchez pas une formule. Vous cherchez à savoir si vous tenez jusqu'au prochain virement. « 108 jours de différé » ne répond pas à cette question. « Premier virement le 6 février, 312 € » y répond.
C'est le choix de conception de cette page : on part de votre date de fin de contrat, et on déroule le calendrier réel jusqu'au premier euro encaissé. Le reste — SJR, taux, plafonds — n'est là que pour justifier le chiffre.
Pourquoi la simulation officielle ne vous donne pas cette date
Si vous cherchez « simulation Pôle Emploi rupture conventionnelle », vous allez tomber sur deux outils publics. Ils sont fiables tous les deux. Le problème est qu'ils ne se parlent pas, et que votre réponse est précisément à leur intersection.
- Le simulateur de code.travail.gouv.fr calcule votre indemnité, convention collective comprise. Il s'arrête là : il ne dit rien de l'assurance chômage, parce que ce n'est pas son sujet.
- Le simulateur de France Travail estime votre allocation. Mais il raisonne sur votre situation d'allocataire — salaire, durée d'affiliation — pas sur le montant que votre employeur vous propose de signer. Or c'est ce montant qui crée le différé spécifique et repousse votre point de départ.
Résultat : vous obtenez d'un côté « 20 000 € », de l'autre « 1 929 € par mois », et personne ne vous dit que les deux chiffres sont liés — ni que le premier virement tombera en mars et pas en octobre. C'est le trou que cette page comble, et la seule raison qu'elle a d'exister. Pour le reste, les outils officiels font très bien leur travail : vérifiez toujours vos droits définitifs auprès de France Travail, qui seule dispose de vos rémunérations réelles.
Constat vérifié le 23 juillet 2026. Les outils publics évoluent — si l'un des deux intègre le différé supra-légal, cette section sautera.
« Simulation Pôle Emploi » : c'est devenu France Travail
Si vous tapez encore « Pôle Emploi », c'est normal : l'organisme a été renommé France Travail le 1er janvier 2024 (loi pour le plein emploi du 18 décembre 2023). Le site pole-emploi.fr redirige désormais vers francetravail.fr, et le simulateur d'allocation est le même — seul le nom a changé. Quand on parle ici de « simulation Pôle Emploi », il s'agit donc du simulateur France Travail.
Une chose à poser clairement : cette page n'est pas le simulateur officiel. C'est un outil indépendant que je maintiens, calé sur les barèmes 2026, dont le seul rôle est de combler le trou entre les deux outils publics — le calcul de la date de versement. Vos droits définitifs, eux, ne sont arrêtés que par France Travail, sur vos rémunérations réelles.
| Ce que vous cherchez | code.travail.gouv.fr | Simulateur France Travail (ex-Pôle Emploi) | Cette page |
|---|---|---|---|
| Montant de l'indemnité (légale + convention) | Oui | Non | Oui |
| Estimation de l'ARE mensuelle | Non | Oui | Oui |
| Différé lié au supra-légal négocié | Non | Non | Oui |
| Date du 1er virement | Non | Non | Oui |
| Échéancier mois par mois | Non | Non | Oui |
Concrètement, la simulation France Travail vous demande vos salaires bruts des derniers mois, votre date de fin de contrat et le motif, puis vous rend une allocation journalière et une durée. Elle ne part jamais du montant d'indemnité que vous vous apprêtez à signer — c'est pour ça qu'elle ne peut pas vous donner de date. Faites-y votre estimation d'allocation, puis revenez ici pour savoir quand le premier euro tombe.
Les trois différés, dans l'ordre
Ils s'additionnent, et ils courent à compter du lendemain de la fin de votre contrat de travail — pas de votre inscription.
- Le différé congés payés. Votre indemnité compensatrice de congés payés divisée par votre SJR. Il est plafonné à 30 jours : au-delà, vos CP non pris n'allongent plus l'attente. Beaucoup de pages l'oublient, ce plafond change pourtant le calcul dès 3 semaines de CP.
- Le différé spécifique. Votre indemnité supra-légale divisée par 111,8, plafonné à 150 jours (75 jours en licenciement économique). C'est lui qui fait mal : il transforme une belle négociation en cinq mois sans allocation.
- Le délai d'attente. 7 jours, une seule fois par période de 12 mois. Il ne peut pas démarrer avant votre inscription à France Travail.
Total maximum théorique : 30 + 150 + 7 = 187 jours. Six mois et des poussières entre votre dernier salaire et votre première allocation.
Mis bout à bout, ça donne une frise. Voici celle de Karim, le dossier détaillé plus bas — 3 800 € brut, 12 400 € de supra-légal, fin de contrat le 30 septembre 2026. Chaque segment est un délai réel, calculé par le moteur de cette page :
- 30 sept. 2026Fin du contratDernier salaire. Les différés commencent à courir dès le lendemain, que vous soyez inscrit ou non.
- 1er → 17 oct.Différé congés payés — 17 jours2 100 € de congés payés non pris, divisés par son salaire journalier de référence. Plafonné à 30 jours.
- 18 oct. → 5 févr.Différé spécifique — 111 jours12 400 € de supra-légal ÷ 111,8. C'est le plus long, et le seul qui dépende de votre négociation.
- 6 → 12 févr.Délai d'attente — 7 joursFixe, une seule fois par période de 12 mois. Il ne démarre qu'une fois l'inscription faite.
- 13 févr. 2027Point de départ de l'AREL'allocation commence à courir. Mais elle est versée à terme échu, donc rien n'arrive encore sur le compte.
- 3 mars 20271er virement — 1 028,80 €Il ne paie que les 16 jours indemnisés de février (du 13 au 28), pas un mois plein. Le premier mois complet, 1 993 €, tombe le 1er avril.
Entre le dernier jour de travail (30 septembre) et le premier euro encaissé (3 mars), il s'écoule cinq mois pleins. C'est cette frise que le simulateur en haut de page reconstruit avec vos propres chiffres, et que le Pack Pro prolonge en échéancier mois par mois.
Le piège que personne ne calcule : le premier virement au prorata
Prenons un salaire de 2 800 € brut : votre ARE nette vaut 47,38 € par jour, soit 1 421 € par mois plein. Votre point de départ tombe le 24 octobre. Vous attendez donc ~1 421 € début novembre. Vous recevez 379 €.
L'ARE est versée à terme échu, mois par mois, après l'actualisation qui s'ouvre le 28. Le virement de début novembre ne paie que les 8 jours indemnisés d'octobre, du 24 au 31 : 8 × 47,38 = 379 €. Votre premier mois plein n'arrive qu'au virement de début décembre. Concrètement, entre la fin du contrat et un revenu mensuel normal, il peut s'écouler un mois de plus que ce que votre calcul de différé annonçait. Le simulateur ci-dessus affiche ce prorata en clair, ligne par ligne.
Négocier plus : ce que ça rapporte vraiment
Chaque tranche de 111,80 € négociée au-dessus du minimum légal repousse votre ARE d'un jour. Mais le différé est plafonné à 150 jours, ce qui crée un point de bascule à 16 770 € de supra-légal (150 × 111,8). En dessous, chaque euro négocié coûte du délai. Au-dessus, plus rien : le différé est déjà au maximum, et chaque euro supplémentaire est net.
La conséquence pratique est contre-intuitive. À 14 000 € de supra-légal, votre différé est de 126 jours ; négocier 3 000 € de plus vous emmène à 17 000 €, donc au plafond de 150 jours : 24 jours d'attente en plus pour 3 000 € de plus. Et si vous êtes déjà à 20 000 €, négocier 10 000 € supplémentaires ne coûte aucun jour. Le mauvais arbitrage, c'est de s'arrêter juste avant le plafond.
Point important pour ne pas se tromper de raisonnement : votre ARE est décalée, pas perdue. Vos droits (18, 22,5 ou 27 mois) ne diminuent pas d'un jour à cause du différé. Le supra-légal reste presque toujours gagnant sur le total encaissé — le problème est la trésorerie du début, pas le total. Voir aussi notre page négocier son indemnité de rupture conventionnelle.
Trois dossiers déroulés jusqu'au premier virement
Les chiffres ci-dessous sortent du moteur de calcul de cette page, pas d'un exemple arrondi à la main. Même fin de contrat pour les trois — le 30 septembre 2026 — pour que les dates soient comparables. C'est l'écart entre elles qui est instructif.
| Sylvie, 51 ans | Karim, 34 ans | Marc, 57 ans | |
|---|---|---|---|
| Salaire brut mensuel | 2 400 € | 3 800 € | 6 200 € |
| Ancienneté | 12 ans et 6 mois | 6 ans | 22 ans |
| Barème appliqué | Légal | Syntec cadre | Métallurgie cadre |
| Minimum dû | 8 000 € | 7 600 € | 64 480 € |
| Indemnité signée | 8 000 € | 20 000 € | 90 000 € |
| Dont supra-légal | 0 € | 12 400 € | 25 520 € |
| CSG/CRDS retenue | 0 € | 670 € | 1 709,84 € |
| Indemnité nette | 8 000 € | 19 330 € | 88 290,16 € |
| Différé congés payés | 0 j | 17 j | 20 j |
| Différé spécifique | 0 j | 111 j | 150 j (plafond) |
| Délai d'attente | 7 j | 7 j | 7 j |
| ARE nette par jour | 40,69 € | 64,30 € | 104,92 € |
| Durée des droits | 18 mois | 18 mois | 27 mois |
| 1er virement | 2 nov. 2026 | 3 mars 2027 | 1er avr. 2027 |
| Montant de ce 1er virement | 976,56 € (24 j) | 1 028,80 € (16 j) | 524,60 € (5 j) |
| Jours sans aucun revenu | 33 | 154 | 183 |
Sylvie : le cas simple, et déjà 33 jours d'attente
Pas de supra-légal, pas de congés payés en solde. Son indemnité de 8 000 € tient entièrement sous le plafond d'exonération : zéro CSG, zéro CRDS, elle encaisse les 8 000 €. Son seul différé, ce sont les 7 jours de délai d'attente. Point de départ le 8 octobre.
Et pourtant le premier virement n'arrive que le 2 novembre, avec 976,56 € dessus au lieu des 1 220 € d'un mois plein — 24 jours d'octobre indemnisés, pas 30. Même dans le dossier le plus simple possible, il s'écoule un mois entre le dernier jour de travail et le premier euro. C'est le minimum incompressible.
Karim : 12 400 € négociés, cinq mois d'attente
Sa convention Syntec lui donne 7 600 € là où le légal en donnait 5 700 : le barème conventionnel gagne, et c'est lui qui sert de base au calcul du supra-légal. Il signe 20 000 €. Les 12 400 € au-dessus du minimum lui coûtent 111 jours de différé (12 400 ÷ 111,8), auxquels s'ajoutent 17 jours pour ses 2 100 € de congés payés et les 7 jours d'attente. Total : 135 jours.
Fin de contrat le 30 septembre, premier virement le 3 mars — et 1 028,80 € dessus, parce que février n'est indemnisé qu'à partir du 13. Son premier mois plein, à 1 993 €, arrive le 1er avril. Six mois après son dernier salaire.
Est-ce que la négociation valait le coup ? Faisons le calcul honnêtement. Ses 12 400 € supra-légaux lui rapportent 11 984,60 € net après CSG/CRDS. En face, 111 jours sans ARE représentent 7 137 € qu'il ne touche pas sur la période. L'écart est de 4 847 €. Attention à ne pas lire ce chiffre comme une perte sèche : ses droits restent de 18 mois, l'allocation est décalée, pas supprimée. S'il va au bout de ses droits, il touchera tout. S'il retrouve un poste en janvier, en revanche, les 7 137 € ne seront jamais versés — et la négociation lui aura rapporté 4 847 € net, pas 12 400 €. Voilà la vraie question à se poser avant de signer : combien de temps pensez-vous rester au chômage ?
Marc : au plafond, un premier virement à 524 €
90 000 € signés, dont 25 520 € de supra-légal. Divisé par 111,8, ça ferait 228 jours de différé — sauf que le plafond de 150 jours s'applique. Il économise 78 jours d'attente grâce à ce plafond. Conséquence directe : Marc est déjà au maximum du différé. S'il avait arraché 10 000 € de plus, il n'aurait pas attendu un jour de plus. C'est exactement la situation où il faut pousser la négociation.
Son point de départ tombe le 27 mars. Le premier virement du 1er avril ne couvre donc que 5 jours : 524,60 €, quand son ARE mensuelle vaut 3 147 €. Un sixième. C'est le prorata dans sa version la plus brutale, et c'est le genre de chiffre qui met un budget par terre si personne ne vous a prévenu.
Deux détails que son âge change. Son SJR de 203,84 € dépasse largement le seuil de dégressivité de 159,68 €, mais il a 57 ans : il en est exonéré, son ARE ne baissera pas au 7e mois. Et sa durée de droits est de 27 mois, pas 18. Le même dossier à 54 ans donnerait 18 mois de droits et une ARE amputée de 30 % à partir du 183e jour.
Combien demander ? Le seuil de 16 770 € vu de l'intérieur
Tous les simulateurs répondent à « combien vais-je toucher ». Personne ne répond à « combien dois-je demander ». C'est pourtant la question qu'on se pose avant l'entretien, et elle n'a rien d'évident : chaque euro supra-légal traverse trois mécanismes qui ne réagissent pas de la même façon (la CSG/CRDS sur la fraction non exonérée, le différé spécifique, le plafond de 150 jours).
Reprenons le dossier de Karim — 3 800 € brut, 6 ans, Syntec cadre, minimum dû 7 600 €, fin de contrat le 30 septembre 2026 — et faisons varier une seule chose : le montant qu'il demande au-dessus du minimum. Le reste ne bouge pas. Chaque ligne est une simulation complète du moteur de cette page, calendrier compris.
| Supra-légal demandé | Différé spécifique | 1er virement | Net à 12 mois | Net à 24 mois | Rendement du dernier euro (12 mois) |
|---|---|---|---|---|---|
| 0 € | 0 j | 2 nov. 2026 | 27 597 € | 42 322 € | — |
| 4 000 € | 36 j | 2 déc. 2026 | 29 014 € | 46 054 € | 35 c/€ |
| 8 000 € | 72 j | 2 févr. 2027 | 30 445 € | 49 799 € | 36 c/€ |
| 12 400 € | 111 j | 3 mars 2027 | 32 190 € | 54 052 € | 40 c/€ |
| 16 770 € | 150 j (plafond) | 1er avr. 2027 | 33 906 € | 57 440 € | 39 c/€ |
| 20 000 € | 150 j | 1er avr. 2027 | 37 028 € | 60 562 € | 97 c/€ |
| 25 000 € | 150 j | 1er avr. 2027 | 41 860 € | 65 394 € | 97 c/€ |
| 30 000 € | 150 j | 1er avr. 2027 | 46 693 € | 70 227 € | 97 c/€ |
La colonne de droite est celle qu'il faut lire. Tant que le différé n'est pas au plafond, Karim négocie à perte de trésorerie : 1 000 € arrachés à l'employeur lui mettent 360 € sur le compte dans l'année, parce que l'ARE recule à peu près du même montant. Passé 16 770 €, le différé est bloqué à 150 jours et ne peut plus s'allonger : le même millier d'euros en rapporte 970. Le rendement est multiplié par 2,7 en franchissant une ligne.
D'où le conseil pratique, et il est contre-intuitif : le pire endroit où s'arrêter, c'est juste en dessous de 16 770 €. Karim à 12 400 € paie 111 jours d'attente sans avoir le bénéfice du plafond. S'il pousse jusqu'à 20 000 €, il gagne 7 600 € bruts de plus pour 39 jours d'attente supplémentaires seulement — et tout ce qu'il obtiendra au-delà sera quasiment net d'effet. La zone 12 000–16 770 € est une zone morte : on y paie le prix fort du différé sans en toucher la contrepartie.
Trois précisions, parce que ce tableau est facile à sur-interpréter.
- À 24 mois, tout redevient rentable. Les 93 à 97 centimes par euro de la colonne « net à 24 mois » le montrent : sur la durée, seul le prélèvement CSG/CRDS de 6,7 % ampute réellement le supra-légal. Le différé ne détruit pas d'argent, il le décale. Le tableau à 12 mois mesure une contrainte de trésorerie, pas une perte.
- Sauf si vous retrouvez un emploi. Et c'est là que le raisonnement bascule. Si Karim retrouve un poste en janvier 2027, l'ARE décalée ne lui sera jamais versée : la colonne « 12 mois » devient la vraie, et ses 12 400 € n'auront rapporté que 4 600 €. Plus vous êtes employable vite, plus le seuil de 16 770 € compte.
- Le 77,5 % de la ligne 16 770 € à 24 mois n'est pas une erreur d'arrondi : au plafond de différé, la queue des 18 mois de droits de Karim déborde de la fenêtre de 24 mois. Une partie de son ARE tombe en 2028. Le moteur la compte au bon mois, pas dans la case.
Ces montants valent pour ce dossier précis. Le seuil de 16 770 €, lui, est universel : il vaut 150 × 111,8, donc il est le même pour tout le monde en 2026, du smicard au cadre dirigeant. Ce qui change d'un dossier à l'autre, c'est la distance qui vous en sépare — et si votre minimum dû vous place déjà au-delà, la question ne se pose plus. Refaites le calcul avec vos propres chiffres dans le simulateur en haut de page.
Les chiffres 2026, sourcés et datés
| Paramètre | Valeur | En vigueur depuis |
|---|---|---|
| Partie fixe de l'ARE | 13,18 €/jour | 1er juillet 2025 |
| Taux proportionnel | 40,4 % du SJR | — |
| Formule alternative | 57 % du SJR | — |
| Allocation minimale | 32,13 €/jour | 1er juillet 2025 |
| Plafond de l'ARE | 75 % du SJR | — |
| Diviseur du différé spécifique | 111,8 | 1er janvier 2026 |
| Plafond du différé spécifique | 150 jours | — |
| Plafond du différé congés payés | 30 jours | — |
| Délai d'attente | 7 jours | — |
Deux précisions qui datent la plupart des pages concurrentes. D'abord le diviseur : il change chaque année avec le plafond de la sécurité sociale. Il valait 107,41 en 2024, 109,6 en 2025, et 111,8 depuis le 1er janvier 2026. Une page qui affiche encore 107,41 surestime votre différé d'environ 4 %. Ensuite les montants : le conseil d'administration de l'Unédic du 30 juin 2026 n'a pas trouvé de majorité pour revaloriser au 1er juillet 2026. La partie fixe reste donc à 13,18 € et l'allocation minimale à 32,13 € — ce sont les valeurs de juillet 2025, toujours en vigueur.
Combien de temps serez-vous indemnisé
| Âge à la fin du contrat | Durée maximale | En jours |
|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 18 mois | 548 |
| 55 et 56 ans | 22,5 mois | 685 |
| 57 ans et plus | 27 mois | 822 |
Ces seuils s'appliquent aux fins de contrat depuis le 1er avril 2025. Ils ont été relevés : avant, le palier des 22,5 mois démarrait à 53 ans. Si vous lisez « 53 ans » quelque part, la page n'a pas été mise à jour depuis la convention du 15 novembre 2024.
Pour ouvrir des droits, il faut 6 mois de travail (130 jours ou 910 heures) sur les 24 derniers mois, ou sur les 36 derniers mois à partir de 55 ans. Et vous ne serez jamais indemnisé plus longtemps que vous n'avez cotisé : un jour travaillé donne au mieux un jour indemnisé.
Du brut au net : environ 9,7 %
La plupart des simulateurs affichent un brut. Sur votre compte, il arrive un net. L'écart vient de trois prélèvements : CSG 6,2 %, CRDS 0,5 %, retraite complémentaire 3 %. Soit 9,7 % au total, et un net qui vaut environ 90,3 % du brut.
Une exception qui compte : si vos ressources sont faibles, vous êtes exonéré de CSG et de CRDS, et le net se rapproche du brut. Autre garde-fou, l'ARE nette ne peut pas descendre sous l'allocation minimale de 32,13 € par jour.
Cadres : la dégressivité au 7e mois
Si votre salaire journalier de référence dépasse 159,68 € — environ 4 858 € brut par mois — votre ARE baisse de 30 % à partir du 183e jour indemnisé, sans pouvoir descendre sous 92,57 € brut par jour. Autrement dit : votre septième mois de chômage ne ressemblera pas au premier.
Deux nuances utiles. La dégressivité ne s'applique pas si vous avez 55 ans ou plus à la fin du contrat (ce seuil est passé de 57 à 55 ans le 1er avril 2025). Et elle frappe l'allocation, pas la durée : vos droits restent de 18 mois. Le simulateur ci-dessus applique cette baisse dans l'échéancier, au bon mois.
Vous voulez créer votre entreprise : ARE mensuelle ou ARCE ?
Deux options, et le bon choix dépend de votre trésorerie, pas de la fiscalité.
- Garder l'ARE mensuelle et la cumuler avec vos revenus d'activité. Vous conservez la totalité de vos droits, mais l'allocation est réduite en fonction de ce que vous facturez.
- Demander l'ARCE : 60 % de vos droits restants versés en capital, en deux fois — la moitié au démarrage, la moitié six mois plus tard si l'activité continue. Vous perdez 40 % de vos droits, mais vous encaissez tout de suite.
Mon avis, tranché : l'ARCE n'est intéressante que si votre activité met plus d'un an à décoller, ou si vous avez besoin du capital pour investir dès le premier mois. Sinon vous payez 40 % de vos droits pour un effet de trésorerie. À noter : l'ARCE suppose d'avoir obtenu l'ACRE, elle se demande dans les délais fixés par France Travail, et le différé s'applique aussi à elle — ce n'est pas un raccourci pour éviter l'attente.
Votre assurance de prêt ne vous couvrira probablement pas
C'est le point que les salariés découvrent trop tard, souvent avec un crédit immobilier en cours. Les garanties « perte d'emploi » des assurances emprunteur sont en général conditionnées à un licenciement. La rupture conventionnelle, juridiquement, est une rupture d'un commun accord : elle est très fréquemment exclue du contrat, au même titre que la démission.
Avant de signer quoi que ce soit, sortez votre notice d'assurance et cherchez les exclusions. Vérifiez aussi la franchise (souvent 90 à 180 jours) et la durée d'indemnisation. Si votre garantie exclut la rupture conventionnelle, votre seul filet est l'ARE — et donc la date calculée en haut de cette page.
Deux règles qui peuvent vous faire gagner des semaines
Le délai d'attente ne se paie qu'une fois par an. Il n'est appliqué qu'une seule fois par période de 12 mois. Si vous vous réinscrivez moins de 12 mois après une inscription où ces 7 jours ont déjà couru, ils ne sont pas repris.
Vous avez 12 mois pour vous inscrire, mais les différés courent dès le lendemain de la fin du contrat. Ils s'écoulent donc même si vous ne faites rien. Attention au raisonnement inverse, qui est faux : s'inscrire tard ne « consomme » pas le délai d'attente, puisque celui-ci ne démarre qu'à l'inscription. Si vos différés sont longs, inscrivez-vous tout de suite — l'attente tourne pendant ce temps. Le simulateur signale le cas où votre inscription tardive laisse les différés passer à vide.
Rupture conventionnelle, licenciement ou démission : lequel ouvre le chômage ?
Beaucoup arrivent ici en hésitant encore entre trois portes de sortie. La différence ne se joue pas sur le montant de l'ARE — à salaire égal, il est identique — mais sur deux points : ouvrez-vous des droits, et touchez-vous une indemnité. Le tableau ci-dessous compare les trois modes de départ d'un CDI.
| Rupture conventionnelle | Licenciement | Démission | |
|---|---|---|---|
| Droit à l'ARE | Oui, systématique | Oui (sauf abandon de poste requalifié) | Non, sauf démission légitime ou réexamen à 121 jours |
| Indemnité de départ | Indemnité spécifique, au moins égale à l'indemnité légale de licenciement | Indemnité légale ou conventionnelle, sauf faute grave ou lourde | Aucune |
| Négociation possible | Oui, c'est tout l'objet (le supra-légal) | Faible, sauf transaction après coup | Sans objet |
| Différé spécifique (supra-légal) | Plafonné à 150 jours | 150 jours ; 75 jours si économique ou CSP | Sans objet |
| Préavis | Aucun : la date de fin est libre, fixée dans la convention | Oui, il repousse la fin de contrat | Oui, il repousse la fin de contrat |
| Assurance emprunteur « perte d'emploi » | En général exclue (départ d'un commun accord) | En général couverte | Exclue |
Le point souvent mal compris est la ligne du milieu : à partir du moment où vous avez droit à l'ARE, une rupture conventionnelle et un licenciement classique se comportent exactement pareil face aux différés — mêmes plafonds, même délai d'attente, même prorata du premier virement. Ce que la rupture conventionnelle apporte en plus, c'est la maîtrise de la date de fin et la négociation de l'indemnité. Ce qu'elle retire, c'est le plus souvent la garantie perte d'emploi de votre crédit — le point traité juste au-dessus.
La démission est le seul cas où la question « quelle est la date de mon 1er virement » n'a pas de réponse, faute de virement. Si votre projet est une reconversion ou une création d'entreprise, regardez du côté de la démission légitime pour reconversion (projet validé par un conseil en évolution professionnelle) plutôt que de démissionner sèchement : elle ouvre l'ARE là où la démission classique la ferme.
Comparatif vérifié le 23 juillet 2026 sur service-public.fr (fiches ARE, démission légitime) et les fiches Unédic. La liste des cas de démission légitime et les conditions du réexamen à 121 jours figurent sur les fiches liées en bas de page.
Le salaire de référence dans les cas tordus
Tout part d'un chiffre : votre salaire journalier de référence (SJR). Le simulateur en haut de page l'approche à partir de votre brut mensuel, ce qui suffit pour neuf dossiers sur dix. Mais si vous avez un 13e mois, une part variable, du temps partiel ou des arrêts maladie sur la période, France Travail ne calcule pas ce chiffre comme vous l'imaginez. Et le simulateur d'indemnité de code.travail.gouv.fr, lui, refuse carrément ces cas. Voici comment ils marchent vraiment.
Primes, 13e mois, part variable : qu'est-ce qui entre dans le salaire de référence ?
Entrent dans le salaire de référence tous les salaires soumis à cotisations d'assurance chômage sur la période : salaire de base, 13e mois, primes de vacances, primes exceptionnelles, part variable et commissions. Une prime qui couvre une période à cheval sur la fin de la période de référence est proratisée. En revanche, tout ce qui est indemnité de rupture est exclu : votre indemnité de rupture conventionnelle, l'indemnité compensatrice de congés payés et l'indemnité de préavis ne gonflent pas votre SJR. C'est rassurant dans un sens : les 20 000 € que vous signez n'augmentent pas votre ARE. Concrètement, pour une rémunération variable, ne prenez ni votre meilleur mois ni votre pire : la période de 24 mois lisse tout, alors saisissez votre brut mensuel moyen, primes comprises.
Temps partiel : le calcul change, mais pas là où on croit
On lit souvent que le temps partiel « réduit l'ARE de moitié ». C'est faux. Un coefficient de temps partiel — vos heures contractuelles divisées par 35 h (ou l'horaire conventionnel) — s'applique uniquement à la partie fixe (13,18 €) et à l'allocation minimale (32,13 €), jamais aux 40,4 % ni aux 57 % du SJR. Pour un 24 h/semaine, le coefficient vaut 0,686 : la partie fixe tombe à 9,04 € et le plancher à 22,04 €, mais la part proportionnelle, elle, ne bouge pas. Le résultat est bien plus proche du temps plein que ce qu'on redoute.
Limite honnête de l'outil ci-dessus : il approche le SJR depuis votre brut mensuel et n'applique pas ce coefficient à la partie fixe. Pour un temps partiel marqué, il surestime donc légèrement votre allocation minimale — comptez quelques euros par jour d'écart, et recoupez avec le simulateur officiel de France Travail, qui gère la quotité.
Vous avez alterné temps plein et temps partiel sur la période
C'est le cas que le calculateur d'indemnité de code.travail.gouv.fr écarte d'emblée. France Travail, lui, le traite : il calcule un coefficient de temps partiel moyen, pondéré par le nombre d'heures de chaque période. Six mois à mi-temps suivis de dix-huit mois à temps plein ne vous rangent donc pas dans la case « temps partiel » — votre coefficient sera proche de 1. Là encore, seule France Travail dispose de vos heures exactes pour trancher.
Arrêts maladie : votre allocation n'est pas amputée de vos absences
Bonne nouvelle, et largement méconnue : les périodes d'arrêt maladie indemnisées par la Sécurité sociale ne font pas baisser votre SJR. France Travail procède d'office à une reconstitution du salaire de référence : il retient le salaire journalier moyen que vous auriez perçu sans l'arrêt. Trois mois d'arrêt dans vos 24 mois de référence ne vous coûtent donc rien sur le montant de l'allocation. Ne retirez pas ces mois de votre moyenne quand vous saisissez votre brut dans le simulateur.
Ancienneté à cheval sur un mois : le mois incomplet compte au prorata
Là on parle de l'indemnité, pas de l'ARE. L'ancienneté s'apprécie au jour de la rupture, en années et en mois. Un contrat de 12 ans et 6 mois n'est pas arrondi à 12 : l'indemnité légale se calcule proportionnellement au nombre de mois de présence (article R1234-2 du Code du travail), soit 12,5 années d'assiette. C'est exactement pour ça que le simulateur a un champ « + mois » séparé du champ « ans » : ce demi-mois pèse sur votre minimum dû, et donc sur le seuil au-delà duquel vous entrez en supra-légal.
Licenciement économique et CSP : le différé spécifique tombe à 75 jours
Si votre rupture est en réalité un licenciement économique, un seul paramètre change mais il change tout : le différé spécifique est plafonné à 75 jours au lieu de 150. À supra-légal égal, votre point de départ arrive donc jusqu'à deux mois et demi plus tôt. Le sélecteur « Motif » du simulateur applique ce plafond. Attention, si l'on vous propose un contrat de sécurisation professionnelle (CSP), vous ne touchez plus l'ARE mais l'ASP, une allocation au régime distinct : faites vérifier ce cas précis par France Travail.
Règles vérifiées le 23 juillet 2026 sur les fiches Unédic « Salaire de référence » et « J'ai perdu un emploi à temps partiel ». Voir les sources en bas de page.
Questions fréquentes
Quand vais-je toucher mon premier virement chômage après une rupture conventionnelle ?
Comptez la fin de votre contrat, puis le différé congés payés (plafonné à 30 jours), puis le différé spécifique lié à l'indemnité supra-légale (plafonné à 150 jours), puis 7 jours de délai d'attente. Le virement arrive au début du mois suivant, après l'actualisation du 28. Sans supra-légal ni congés payés, comptez environ 5 semaines.
Existe-t-il une simulation Pôle Emploi spécifique à la rupture conventionnelle ?
Non. Le simulateur de France Travail (ex-Pôle Emploi) est le même quel que soit le motif de fin de contrat : il ne traite pas la rupture conventionnelle différemment d'un licenciement. Or c'est votre indemnité supra-légale, propre à la rupture conventionnelle, qui crée le différé spécifique et repousse votre premier versement. Aucun simulateur officiel ne relie ces deux chiffres — c'est le trou que comble cette page.
Le simulateur de France Travail calcule-t-il le différé d'une rupture conventionnelle ?
Il estime votre allocation à partir de votre salaire et de votre durée d'affiliation, mais il ne part pas du montant d'indemnité que votre employeur vous propose. Or c'est cette indemnité supra-légale qui crée le différé spécifique et repousse votre point de départ. De son côté, le simulateur de code.travail.gouv.fr calcule l'indemnité mais pas le chômage. Aucun des deux ne fait le lien.
Pourquoi mon premier virement France Travail est-il si petit ?
Parce qu'il ne couvre pas un mois entier. L'ARE est payée à terme échu : le premier virement ne règle que les jours indemnisés entre votre point de départ et la fin de ce mois-là. Si votre point de départ tombe le 24, vous êtes payé pour 7 jours seulement. Le premier mois plein arrive au virement suivant.
Négocier une indemnité plus élevée retarde-t-il mon chômage ?
Oui. Chaque tranche de 111,80 € au-dessus du minimum légal repousse votre ARE d'un jour, dans la limite de 150 jours. Au-delà de 16 770 € de supra-légal, le différé plafonne : chaque euro négocié en plus ne coûte alors plus aucun jour d'attente. L'ARE est décalée, jamais perdue.
Combien demander en supra-légal lors d'une rupture conventionnelle ?
Si vous demandez moins de 16 770 €, chaque euro négocié vous coûte du différé : sur les 12 premiers mois, 1 000 € demandés ne vous rapportent qu'environ 360 € encaissés. Au-delà de 16 770 € (150 × 111,8), le différé est plafonné et ne bouge plus : le même millier d'euros en rapporte 970. Le pire arbitrage est donc de s'arrêter juste sous ce seuil. Il est identique pour tous les salariés en 2026.
Combien de temps vais-je toucher le chômage ?
18 mois maximum si vous avez moins de 55 ans à la fin du contrat, 22,5 mois entre 55 et 56 ans, 27 mois à partir de 57 ans. Ces durées valent pour les fins de contrat depuis le 1er avril 2025. Vous ne pouvez pas être indemnisé plus longtemps que vous n'avez cotisé.
Puis-je toucher l'ARE et créer mon entreprise ?
Oui, de deux façons. Soit vous gardez l'ARE mensuelle et cumulez avec vos revenus d'activité, soit vous demandez l'ARCE : 60 % de vos droits restants versés en capital, en deux fois à six mois d'intervalle. L'ARCE exige l'ACRE au préalable et se demande dans les délais prévus par France Travail.
L'ARE est-elle imposable et quel est l'écart entre le brut et le net ?
L'ARE est imposable sur le revenu et subit environ 9,7 % de prélèvements : CSG 6,2 %, CRDS 0,5 % et 3 % de retraite complémentaire. Une ARE de 52,47 € brut par jour donne donc environ 47,38 € net, soit 1 421 € par mois de 30 jours. Les allocataires à faibles ressources sont exonérés de CSG et de CRDS.
Le délai d'attente de 7 jours s'applique-t-il à chaque fois ?
Non. Il n'est appliqué qu'une seule fois par période de 12 mois. Si vous vous réinscrivez moins de 12 mois après une inscription pour laquelle ce délai a déjà couru, France Travail ne le réapplique pas. Les différés congés payés et spécifique, eux, sont recalculés à chaque fin de contrat.
Combien de temps ai-je pour m'inscrire à France Travail ?
Vous avez 12 mois après la fin de votre contrat pour vous inscrire, ce délai étant prolongeable dans certains cas (maladie, congé maternité, formation). Attention : les différés courent dès le lendemain de la fin du contrat, mais le délai d'attente de 7 jours ne démarre, lui, qu'à votre inscription.
La démission donne-t-elle droit au chômage comme une rupture conventionnelle ?
Non, sauf exceptions. Une démission classique n'ouvre aucun droit à l'ARE, alors qu'une rupture conventionnelle en ouvre systématiquement. Deux échappatoires : les démissions dites légitimes (suivre son conjoint muté, non-paiement des salaires, projet de reconversion validé par un CEP, etc.), qui donnent droit à l'ARE immédiatement, et le réexamen par l'instance paritaire régionale après 121 jours de chômage non indemnisé. Hors de ces cas, la rupture conventionnelle reste la seule des trois voies négociées qui garantit à la fois une indemnité et l'allocation chômage.
Sources
- Unédic — circulaire n° 2026-01 du 2 janvier 2026, valeur du diviseur du différé spécifique (111,8)
- Unédic — pas de revalorisation des allocations au 1er juillet 2026 (partie fixe 13,18 €, minimum 32,13 €)
- Unédic — fiche thématique « Différé congés payés » (plafond 30 jours)
- Unédic — fiche thématique « Salaire de référence » (primes incluses, indemnités de rupture exclues, reconstitution en cas de maladie)
- Unédic — « J'ai perdu un emploi à temps partiel » (coefficient de temps partiel sur la partie fixe et l'allocation minimale)
- service-public.fr — ARE pour un contrat se terminant à partir du 1er avril 2025 (durées, affiliation, dégressivité)
- France Travail — calendrier des paiements et de l'actualisation 2026
- Légifrance — Code du travail, art. L1237-11 à L1237-16 (rupture conventionnelle)
Simulation indicative fournie à titre d'information. Seule France Travail calcule vos droits définitifs, à partir de vos rémunérations réelles des 24 (ou 36) derniers mois. Le SJR retenu ici est approché à partir de votre salaire mensuel brut ; un SJR calculé sur vos bulletins de paie peut différer.